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Comment s’imposer la patience en cas d’épreuve?

 

Louanges à Allah

Premièrement, la vie est naturellement jallonnée d’épreuves .Celui qui ne
s’y prépare et ne s’arme pas de patience se laissera assombrir l’existence et perdra la récompense dans l’au-delà.

Il convient que nous , musulmans, méditions le livre de
notre Maître, notamment l’ordre et l’exhortation qu’Il nous y a adressés  pour que nous demeurions patients.Il
convient encore que nous réexaminions les
conditions de vie de notre prophète (Bénédiction et salut soient sur lui), la vie
de ses compagnons et celle de nos pieux ancêtres pour voir comment ils ont enduré de dures épreuves et comment prendre exemple sur
eux.

Il n’est un secret pour personne que la
patience procure une énorme récompense et un haut grade auprès d’Allah le Puissant et
Majestueux .Que les endurants soient félicités pour la bonne nouvelle provenant d’Allah: «Apporte la bonne
nouvelle aux gens patients» (Coran,2:155) Voir la réponse donnée à la
question n°71236.

Deuxièmement, l’histoire relative à Mousaab ibn Oumayr (P.A.a) ne prouve pas qu’il fut paniqué et n’était pas endurant.Tout ce qu’on rapporte est qu’il subit patiemment l’emprisonnent à La Mecque et que , pendant ce temps , il
invitait sa mère à se convertir à l’islam et ne dit pas les propos qui lui
sont attribués dans la question.

Ibn Isaac a rapporté dans ses récits de guerre d’après Saad ibn Abi Waqqas: «Nous vivions à La Mecque aux côtés du Messager d’Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) dans de dures conditions.Quand l’épreuve s’abattit sur nous , nous y avons reconnu la difficile vie
du passé et demeurâmes patients.Quant à Mousaab ibn Oumayr,
il était le garçon le plus heureux,
le mieux traité par ses père et mère.Je l’ai retrouvé durement éprouvé après sa conversion à l’islam au point que sa peau se détériorait à la manière de celle du serpent.Plus
tard, Allah le honora en lui faisant subir le martyr le jour d’Ouhoud. » Extrait de siyar wal-maghazi,P.193.

Troisièmement, des compagnons furent si
durement éprouvés qu’ils adoptèrent  une réaction réprouvée par le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui).Il leur
donnait l’ordre de demeurer patient et les
orientait vers la voie juste et ils se ressaisissent tout de suite.Puisse Allah les agréer.

D’après Anas ibn Malick (P.A.a): « Le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) passa près d’une femme qui
pleurait au bord d’un tombe, et lui dit:

-« Crains Allah et reste patiente. »

-« Va-t-en, tu n’es pas sensible à mon malheur! Tu n’es pas au courant! » Plus tard, on apprend
à la dame que son interlocuteur n’était autre que le
Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui).Elle se rendit aussitôt à la porte du Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) et ne trouva pas de
portiers sur place.Elle entra et dit:

-« Je ne t’avais pas reconnu (l’autre jour)! »

-« La patience (recommandée) est celle adoptée dès le  premier choc. » Lui dit-il. (Rapporté par al-Boukhari,1283 et Mouslim
(926).

Al-Hafezd Ibn Hadjar
(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde ) écrit dans Fateh
al-Bari
(3/149): Al-Qourtoubi dit: « Apparemment, la femme pleurait exagérément en se livrant à des cris et gestes. C’est pourquoi il (le
Prophète) lui donna l’ordre de craindre
Allah. » Ibn Hadjar ajoute : «Cet avis est corroboré par ce qu’on lit dans un hadith mursal du précité Yahya ibn Abi Kathir: « Il (le prophète) entendit d’elle (la femme) des propos inacceptables et il s’arrêta… » Pour at-Tayyibi,
les propos: « Crains Allah. » introduisent la suite : « Reste patiente. » C’est comme s’il lui disait : crains 
de t’exposer à la colère d’Allah si tu ne restes pas patiente.Eviter
la  panique  pour jouir de la récompense divine  » La phrase: « elle ne le connaissait pas . » signifie qu’elle lui parla comme
elle le fit parce qu’elle ne savait qu’il était le Messager d’Allah.Une version de Mouslim
ajoute : «Elle faillit rendre l’âme… » C’est-à-dire qu’elle fut extrêmement impressionnée quand elle connut son interlocuteur.Les
propos : « La vraie patience est celle manifestée lors du premier choc. » signifie: « C’est-à-dire celle qui
exprime la fermeté devant les premiers signes de frayeur . C’est celle-là qui est considérée comme la parfaite patience qui génère la récompense. » Pour at-Tayyibi, cette réponse du Prophète (Bénédiction et salut sont sur lui) fut une réaction à ses propos: « Je t’avais pas reconnu. »Une sage manière pour dire:  « Ne t’excuse pas : rien ne me met en colère en dehors de ce qui concerne Allah.Fais
ton autocritique. »

Az-Zoubayr ibn
al-Mounir dit: « L’utilité de la réponse de la femme réside dans le fait que quand elle vint plus tard
manifester son exécution de l’ordre qui lui avait été donné de demeurer pieuse et endurante, elle
entendait en même temps s’excuser d’avoir auparavant proféré des propos dictés par la tristesse.Il (le Prophète) lui expliqua que la patience ordonnée est à observer dès le début.C’est
celle-là qui génère la récompense. » Cette explication est étayée par la  version suscitée d’Abou Haourayra: « Elle dit: je resterai patient, je resterai patiente. » Le hadith renferme d’autres avantages à savoir:

–     
on doit accepter le
bon ordre même quand on ne connait pas celui qui le
donne;

–     
le fait de lui donner
l’ordre de craindre Allah et de demeurer
patiente revient à lui interdire de paniquer;

–     
il est désirable de supporter la mauvaise réaction don on peut s’exposer quand on donne un conseil ou délivre un sermon. »

Dans al-qawl al-moufiid
(2/215) Cheikh Ibn Outhyamine (Puisse Allah lui
accorder Sa miséricorde) a dit: « A l’arrivée du malheur, on
constate chez les gens quatre types de réactions:

La première 
se traduit par le dépit qui nait dans le coeur.Il peut consister à s’en vouloir à son Maître , à se montrer insatisfait de Son décret, ce qui peut conduire à la mécréance. Sous ce
rapport, le Très-haut dit: « S’il leur arrive un bien, ils s’en tranquillisent, et s’il leur arrive une épreuve, ils détournent leur visage, perdant ainsi (le bien) de l’ici-bas et de l’au-delà. Telle est la perte évidente! » (Coran,22:11).Le dépit peut encore s’exprimer à travers des cris au cours desquels on
demande que  toutes sortes de malheurs et
d’autres choses semblables 
s’abattent sur soi-même ! Le dépit peut s’exprimer physiquement par des coups contre soi-même, par déchirer ses propres vêtements ou s’arracher les cheveux
et d’autres gestes semblables.

Le deuxième type de réaction consiste à demeurer ferme comme le dit un poète:

Le sabr  (Aloe) est comme son nom lindique dun goût amer

Les conséquences de son usage restent toutefois
plus d
élicieux que le miel

Bien que trouvant le sort lourd et détestable, on le
supporte patiemment. On y est pas indifférent car on le déteste mais sa foi l’empêche d’extérioriser  son dépit.

La quatrième type de réaction consiste à se montrer satisfait. C’est supérieur aux réactions précédentes.Car
là, on est complètement indifférent par rapport aux décret et jugement divins (favorables ou défavorables).Quand bien même on serait 
envahit par le sentiment de 
tristesse à l’avènement du malheur, on
s’y adapterait pas moins aux décret et jugement  d’où qu’ils viennent ; qu’ils nous frappent sur une plaine ou sur les flancs d’une montagne.Peu importe qu’ils nous favorisent ou nous défavorisent. Tout cela nous est égal, pas que nous ayons le coeur
mort mais parce que nous  sommes
totalement  satisfaits du Transcendant et
Très-haut et qu’on nous  nous  délectons  dans les
actes du Maitre le Puissant et Majestueux qui nous restent égaux.Nous n’y voyons que les décisions de notre Maître.C’est
là que réside la différence entre la satisfaction et la patience.

Le quatrième type de réaction est la reconnaissance. C’est le type supérieur.Il
consiste à exprimer sa reconnaissance envers Allah quand on est
frappé d’un malheur.C’est la
conduite des serviteurs reconnaissants d’Allah.Ils pensent qu’il y a d’autres malheurs bien pires , que les malheurs de la vie
profane sont moins graves que ceux qui touchent la foi , que les malheurs de la
vie d’ici-bas sont moindres comparés à ceux de l’au-delà et que les présents malheurs peuvent expier ses péchés et peut -être amplifier ses bonnes actions.C’est
ce qui lui inspire la reconnaissance envers Allah. C’est à ce propos que le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) a dit: «Tout malheur ou trouble qui frappe le croyant, ne
serait-ce qu’une piqûre d’épine,  possède une vertu expiatoire. » (Rapporté  par al-Boukhari et par Mouslim)

 Pour conclure, nous vous disons, chère esclave d’Allah!: Il convient plutôt que tu poses des questions et fais des
investigations  au sujet de ce qui te
profite dans ta religion et consolide ta foi au lieu de t’occuper de ce qui peut l’affaiblir.Si tu poses une question , elle doit
porter sur les modèles de patience  et de satisfaction chez les compagnons et les
ancêtres pieux. Combien ils furent exemplaires  dans leur endurance  et leur résistance à la peur! Voilà les aspects de leurs  biographies sur
lesquels l’on doit se focaliser et prendre exemple
sur eux.

Quant à s’arrêter sur les cas où ils succombèrent , c’est mettre en relief
leur faiblesse humaine qui doit être passée sous silence. En d’autres termes, on les rapporte pas et ne les aborde pas
dans des questions à poser car nous n’avons pas à les y imiter.

Si nous savons qu’une femme réagit par faiblesse 
suite à la perte de son enfant, cela n’est pas à imiter . Nous ne nous  y attardons pas et ne posons pas de questions
à ce sujet.

La  moralité de ce récit réside dans la parole du Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) dans laquelle il donne à l’intéressée l’orde d’observer la patience et d’éviter de rater l’occasion de la rendre
patience belle pour ne l’avoir pas fait depuis
le premier choc   Attendre de retrouver
ses esprits et de redevenir calme pour recourir à la patience après avoir paniqué n’est pas utile car il faut rester ferme dès le début.

En somme, l fidèle serviteur bien assisté (par Allah) doit veiller à poser des questions concernant ce qui
lui profite dans ses vies religieuse et profane au lieu de s’intéresser à ce qui lui porte préjudice.Ses
questions doivent porter sur les nobles moeurs non
sur  des inanités.Il
doit viser les aspects exemplaires de la conduite des ancêtres et éviter de se livrer à des investigations sur les cas de faiblesse 
inhérents à la vie humaine parce qu’inséparables de nos conditions de vie et de nos affaires courantes.Voilà ce qui nous assiste à acquérir un savoir utile et de bons exemples à suivre. Puisse Allah nous assister tous à faire ce qu’Il maie en fait d’actes et de paroles.

Allah le sait mieux.

 

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